Rayenchante
Un petit quelque chose de bienfaisant...
 

Éric et Maggie (NOUVEAU) (Cliquez le titre!)

17/01/2019 16:10:49

Éric et Maggie sont mariés depuis cinq ans. Tous les deux dans la joyeuse quarantaine, ils forment un couple moderne et harmonieux. En fait, ils s’entendent plutôt bien et rares sont les occasions de disputes.

- Éric?
- Oh, oh, quand tu prends ce ton, toi, tu as quelque chose à me demander, hein?
- Euh..................que dirais-tu si on repeignait l’intérieur de notre villa? lui demande Maggie, en lui caressant doucement les bras.
- Ben, je trouve la décoration tout à fait correcte, répond-il, en regardant alentour.
- Ouais, mais ça fait déjà cinq ans que l’on a aménagé ici et la maison était clé en mains, alors, maintenant un changement s’impose.
- Hum..............c’est un travail titanesque, ça! grogne-t-il, tout en espérant gagner du temps pour lui enlever cette idée de la tête.
- T’exagères pas un peu, là? C’est juste un quatre et demi, on a les deux chambres, la cuisine, le salon et la salle de bains.
- Euh...........................................................................
- Allez! Allez! Dis oui, on forme un duo, je vais te seconder et quel beau projet de couple, non?
- Un projet de couple, oui, mais une corvée hallucinante, en plus de chacun notre emploi. Et vraiment, quand allons-nous trouver le temps?
- Bof, on va s’arranger, tu vas voir. On pourrait s’y atteler les fins de semaine, seulement? Ce n’est pas grave si ça prend plus de temps.
- Laisse-moi y penser quelques jours! répond-il, déçu, parce qu’elle insiste et que ça ne lui tente pas du tout.

Or, Maggie prend bien garde de lui avouer qu’elle n’a jamais touché un pinceau ou un rouleau de sa vie. En résumé, elle ignore tout de ce que cet ouvrage implique...Mais par contre, elle a un sens inné rare pour harmoniser les teintes. Les quelques jours sont passés, aussi, elle s’approche de son mari et comme c’est samedi... 
 
- Éric, si on allait chez «RODA» aujourd’hui pour aller voir leurs choix de couleurs? Ça serait un bon début et peut-être que ça te motiverait?
- Bon, d’accord, accepte-t-il, pour lui faire plaisir. Il n’y a rien de prévu, c’est la fin de semaine, après tout.

Et là, en voyant la profusion de coloris tous agencés comme un arc-en-ciel, excitée, la chère Maggie, le tire par la main, gagnée par l’enthousiasme et la joie. Elle se jette littéralement sur les cartons de couleurs, telle une affamé sur une poutine. Et du fait qu’elle s’y connaît, elle les choisit avec une assurance admirable, puis elle les lui montre au fur et à mesure.

- Regarde, on pourrait peindre le salon de la teinte «Je t’aime en rose».
- Vraiment? Tu m’aimes en rose? la taquine-t-il.
- Oh, très drôle, le monsieur! Et le plafond serait «Coeur battant». 
- Non, non, retiens-toi, Maggie, pas ici tout de même, un peu de pudeur! rigole-t-il, en la serrant contre lui.
- N’essaie pas de me distraire, qu’en penses-tu?
- Je suis complètement perdu dans ce dédale de choix, ma biche. Tu es tellement douée pour  harmoniser, je te donne entièrement ma confiance.
- Merci, mon toutou d’amour. Et pour la cuisine, je prendrais «Bonaparte».
- Ah bon, tu m’as caché ça, et ça fait combien de temps que tu penses à lui?
- Ah, ah, ah. Et pour le plafond, j’agencerais avec «Matin brumeux».
- Ouais, pas chanceux Bonaparte, à la guerre, avec un matin brumeux! Ça doit être ce jour-là, qu’il a perdu la bataille.
- Bon, bon, bon! Éric fait encore de l’humour! On continue. Et pour la salle de bains, on peinturerait toute la pièce avec «Arôme de camélia».
- Pour l’arôme, je doute que ça soit du camélia.
- Et mon tannant! Est-ce que tu apprécies?
- Hum, hum!
- Et on termine avec les deux chambres, une, serait de la teinte «Mer agitée» et pour les murs  «Mer houleuse».
- Je veux absolument ces deux couleurs, parce que j’exige l’agitation et la houle dans la nôtre.
- Oh, toi, je t‘aime, tu le sais! rit-elle, en lui assenant un petit coup dans les côtes.
- Oui, et c’est merveilleux, lui déclare-t-il, d’un ton sans équivoque, puis il l’embrasse.
- Et enfin, la chambre d’ami aurait la couleur «Empressé», et «Bleu céleste», au plafond.
- Ah, ah, ah, si notre invité est empressé, sa compagne n’atteindra jamais le bleu céleste.
- Très, très, très drôle, mon cher Éric!
- Oh, ben, pas ma belle Maggie! s’écrie un mec, sûrement sorti de la revue «Clin d’oeil».
- Mais.......mais.....hoquette-t-elle...à suivre..............Je........ne vous connais pas!

E
t le gars l’ignore, passe son chemin et va enlacer une fille, plus loin, derrière Maggie.

- Ouais, ben j’ai l’air fin, moi! s’exclame-t-elle, en regardant Éric. 
- Ça t’apprendras à reluquer d’autres hommes! rit-il, en lui donnant un bisou. 

Et leurs achats terminés, ils s’empressent de débuter les travaux. 

- Je n’aurai jamais le temps d’aller me documenter sur le Net pour savoir comment peinturer, songe Maggie, préoccupée. 

Qu’à cela ne tienne elle se charge de la cuisine, ouvre le gallon de peinture et plonge son pinceau jusque dans le fond pour la brasser. Après, elle essuie seulement le manche et sans égoutter les fibres sur le rebord, elle commence par les plinthes, et rapidement, fait le tour de la cuisine en salopant le plancher qu’elle n’a pas protégé, parce que, comme on le sait, elle n’y connait rien. Puis elle remplit la casserole à ras bord, y  plonge le rouleau et le roule dedans, en copiant Jeanne Moreau, 
dans un film, elle peignait une cuisine. Mais Maggie ne sait pas que le rôle de l’actrice était d’incarner une maladroite, tout à fait incapable de peinturer.

- Oh là, là, là, là! Qu’est-ce que je vais faire? Oh, oh..........se plaint-elle, totalement dépassée. 
- Ça va? lui crie Éric dans leur chambre?
- Oui, oui, mais tu n’as pas le droit de venir voir, comme on l’a convenu. 
- D’accord, ma biche! 

Et après les plinthes, elle attaque les murs et ce verbe, ici, est parfaitement d’à propos. Mais, hélas, après vingt minutes de bariolage, en descendant de l’escabeau, son pied atterrit dans la casserole de peinture couleur «Bonaparte», c’est-à-dire rouge et ça déborde. 

- Vite, vite, vite, je n’ai pas le choix, se parle-t-elle, nerveuse, je vais m’essuyer avec la jetée du divan, de toute façon, elle doit être changée. 

Il faut la voir sautiller sur une jambe pour éviter de salir le reste du plancher fortement encadré de rouge. De peine et de misère, elle se rend au salon, s’assèche, puis revient à la cuisine et achève la jetée en épongeant tout le fatras. 

- Oh, je ne veux pas qu’Éric s’aperçoive du dégât que je viens de causer! gémit-elle, complètement découragée. Et là, ses épaules s’affaissent en voyant son piètre résultat. 
- Ça va toujours à ton goût, Maggie? crie encore son mari.
- Oui, oui........Seigneur, marmonne-t-elle, j’ai bariolé les murs de coups de rouleau, j’ai saboté le plancher, j’ai tout gâché, c’était censé être beau! Et en plus, j’ai menti à mon toutou d’amour,  je me sens tellement triste.

Et la pauvre Maggie, le visage embrouillé de picots rouges, ressemble à une ado infestée d’acné. Quant à ses mains ensanglantées de peinture, on dirait qu’elle vient d’égorger un porc. Et tant qu’à faire, une couette de cheveux a trempé dans le gallon qu’elle vidait tantôt. 

Or, entre temps, Éric entre silencieusement dans la cuisine, regarde partout, mais se tait en apercevant sa petite biche assise par terre, adossée aux portes du comptoir, son front appuyé sur ses genoux repliés et qui pleure. Il s’agenouille et la prend dans ses bras.

- Tu triches, Éric, tu ne devais pas venir dans la cuisine avant que j’aie fini, sanglote-t-elle, abattue. À part de ça, je viens de découvrir que c’est bien plus difficile que je pensais. Et après avoir compris ça, je me sentais très coupable de t’avoir dit que je te seconderais! Et ce qui est pire c’est moi qui t’ai demandé de repeindre. 
- Voyons, Maggie! Bon, d’accord tu as quand même posé un peu de peinture sur les murs, la taquine-t-il, mais à quoi ça sert de te faire de la peine comme ça, hein? Allez un petit sourire! 
- Hum, hum, sourit-elle, en le regardant. Mais je n’ai pas eu le temps d’aller sur le Net pour apprendre. 
- Tutttttt! Tuttttt! Tuttt! C’est quoi l’Essentiel, là, ici? 
- Nous deux?
- Tope-là, en plein dans le mille, ma biche. Et tu sais quoi, moi aussi je trouve que c’est une rude corvée et si on compare mon travail avec le tien, je crois que l’on est tous les deux champions du barbouillage. 

Alors, il lui prend la main pour l’aider à se lever et entrent dans leur chambre à coucher. 

- Mais, mais, que s’est-il passé? ricane Maggie, qui, soudain soulagée, part d’un fou rire démentiel. Et incapable d’arrêter, elle se tient les côtes et s’assoit par terre, tellement elle n’en peut plus. 
- Hey, avoue que c’est quand même moins pire que la cuisine! rit-il, emporté lui aussi par un fou rire incontrôlable. Il s’assoit à côté d’elle et passe son bras autour des épaules de sa femme. Après, redevenus calmes, ils se sont allongés...

Finalement, Éric s’était trompé de couleur et avait pris «Arôme de camélia», la teinte de la salle de bains. Et lui aussi avait renversé une partie du gallon en reculant pour apprécier son travail. Alors, d’un commun accord, en fouillant un peu dans leurs économies, ils décident d’engager un peintre professionnel. 

Et il n’empêche que c’est un beau souvenir, très drôle, pour Éric et Maggie. 

*   Tous droits réservés, Raymonde  

*   Image prise sur le Web

Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  3 commentaires


Des souvenirs en effet!!!  Vive les professionnels!  C’est un hibou sur ta photo...
Michelle Posté le 07/02/2019 20:09:52
Très belle histoire Raymonde !! Rien de mieux qu'un fou rire après une petite mésaventure Merci pour ce beau moment !!
louise Posté le 07/02/2019 20:04:10
Ha! Ha! En voilà une surprise!
Michelle Posté le 18/01/2019 20:19:08



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