Rayenchante
Un petit quelque chose de bienfaisant...
 

Initiation au camping (Pour la vraie mise en page, cliquez le titre!)

19/04/2018 18:58:00

Roxanne et Jason se sont rencontrés au Tigre Géant, au rayon des sous-vêtements. Je sais, chers lecteurs si brillants, vous vous direz, comment est-ce possible, les dessous pour hommes et pour femmes sont à des endroit différents? C’est que Roxanne, en train d’évaluer quel slip choisir, lève soudain la tête et l’aperçoit, épatée de le trouver si beau. Perplexe, Jason, en la voyant a un coup au coeur et il se demande si elle magasine pour son amoureux, alors tandis qu’elle tient une boîte, il en profite pour l’aborder...

- Très bon achat, ces boxers sont vraiment confortables! sourit-il en se sentant triple idiot avec une remarque aussi intime. Oh, oui, votre amoureux va les aimer, j’en suis persuadé!
- Euh, c’est une taquinerie pour mon frère, on est le 1er avril, alors...
- Ah, ah, ah, rit-il, façon comédien pourri, très soulagé qu’elle soit disponible. Hum, ça te dirait un café, disons «Au canard plumé»? Euh, vers......tout de suite?
- Ouais, d’accord! répond-elle tout de go, car elle l’a dans le collimateur depuis tantôt.
 
Il y a de ça deux mois et ils se fréquentent dans un but sérieux. Âgés tous les deux de 29 ans, ils habitent et travaillent à St-Becscie- des- Canards- égarés. Jason, sosie d’Alex Nevsky, est avocat et Roxanne, clone de Brigitte Boisjoli, esthéticienne à temps plein. Or, pour mieux se connaître, il lui propose une fin de semaine d’initiation aux joies du camping en lui brossant un tableau idyllique. Et elle accepte, lui avouant qu’elle en a déjà fait une fois, à l’âge de cinq ans.

Enfin, le voyage se déroule comme un charme et à destination, ils découvrent leur emplacement, un site des plus enviables, donnant sur un lac féérique. Mais la féérie hélas se brouille avec des milliards de moustiques qui les attaquent littéralement. Tant bien que mal, en guerroyant contre leur invasion, ils sortent tout leur attirail.

- Bon, je vais aller couper des branches, un feu va les éloigner, dit-il, en se dirigeant vers la forêt et en moulinant des bras pour se protéger.
- Jason! Jason! Jason! s’égosille Roxanne, dix minutes plus tard, jusqu’à n’avoir qu’un filet de voix, du plus mauvais effet. 

Il accourt en sortant du bois, sa hache à la main, le regard dément. Ouf, là, elle trouve qu’il ressemble à un fou furieux et malgré elle, elle recule. À noter, il n’y a que son ombre dont Roxanne n’ait pas peur.

- Oh, qu’est-ce qui se passe? demande-t-il, très inquiet, en l’apercevant échevelée, le visage disparaissant sous des dizaines de piqûres, déjà horriblement boursouflées.
- À part me faire dévorer tout rond, regarde par terre, à côté de la tente! gémit-elle, larmoyante, les yeux noircis de mascara.
- Je ne vois rien!
- Et ça? pointe-t-elle du bout de ses bottes.
- Euh, ce sont des pistes de lièvre, ment-il et il pense plutôt celles d’un renard.
- Ouais, mais un assez gros lièvre, es-tu certain?
- Ben, oui, je campe depuis que je suis en âge de marcher! la rassure-t-il en la serrant contre lui.

Anxieux, il va chercher la calamine dans la petite pharmacie et lui en applique sur le visage, les bras, les mains, les jambes, le cou, alouette!

- Merci, mon chéri, puis elle finit d’entrer les boîtes dans la tente, ignorant qu’il faut fermer à mesure, travestissant ainsi ce peu de confort en buffet à volonté pour les moustiques qui envahissent tout l’espace, allègrement.

Après, ils ont eu toutes les misères du monde à tuer les bibites et à en expulser de la tente qui ressemblent maintenant à un cimetière dégueulasse. De plus, les serpentins fumigènes ont rendu l’air irrespirable, les obligeant à tousser et à sortir en courant rejoindre encore les m....... bestioles, l’enfer, quoi! Et finalement ils ont mangé dans le camion.

- Ouais, mon souper était assez ordinaire, des fèves au lard et une cuillère, mais je vais me reprendre demain midi, s’excuse-t-il. Son amoureuse, songeuse, est assise devant le feu de camp, pendant que lui, debout, regarde le lac, de plus en plus inquiet.

Soudain, une pluie torrentielle s’abat sur eux, suivie d’éclairs qui zèbrent rageusement le ciel accompagnés du tonnerre aussi fort qu’une fin du monde.

- Vite! C’est très dangereux, tournons le kayak pour s’y abriter, hurle Jason, quand même maître de la situation.
- Nonnnnnnnn! Nonnnnn! Je ne peux pas, je suis claustrophobe...à suivre...

Pendant que Roxanne est figée de peur, il tourne vivement le kayak et lui tire le bras pour qu’ils se précipitent dessous. 

- Pardonne-moi ma brusquerie, mais il n’y avait pas une seconde à perdre. Mais qu’est-ce que tu as Roxanne? Pourquoi tu t’agites? Tu manques d’air? Vite, vite, regarde-moi!
- J’étouffe, larmoie-t-elle en train de paniquer.
- Non, non, non! Regarde-moi, chérie! Essaie de me faire confiance, pense juste à nous deux, à la chance que l’on a eu de se trouver, chuchote-t-il amoureusement parce qu’il le croit vraiment et aussi pour la détourner de son épouvante.  
- D’accord, halète-t-elle.

Et ils s’embrassent éperdument, serrées l’un contre l’autre, pendant un petit bout d’éternité, le temps d’un orage qui se calme enfin. Après, Roxanne jubile en se dégageant du kayak, parce que pour la première fois de sa vie, elle a réussi à vaincre sa claustrophobie avec l’aide de son amour d’homme. Et il a gardé pour lui que le camping vient au premier rang, niveau danger durant les orages.

- Oh Jason, trésor, si tu savais comme je te suis reconnaissante!
- Ça m’a fait plaisir, ma belle Roxanne et moi tout ce que je veux c’est ton bonheur, sourit-il.

Et le soleil est resté pour toute la fin de semaine, mais, hélas, la fille n’était pas au bout de ses peines.

- Jason! Jason! s’époumone-t-elle. 
- Il accourt comme un dératé. Quoi? Quoi? Qu’est-ce qu’il y a?
- La glacière était mal fermée, c’est ma faute, pleure-t-elle, toute la viande est dégelée et aussi il y a des milliards de fourmis.
- Bon, ce n’est pas grave, il va falloir tout jeter, et non, ce n’est pas ta faute, mais la mienne. J’ai agi comme si tu savais tous les rudiments du camping, voilà mon erreur!
- Il n’y a plus rien, que va-t-on manger?
- Tu oublies les conserves : il y a des haricots, des soupes aux légumes, aux tomates, ainsi que du thon et du saumon.
- Euh...................je n’ai pas vu de conserves en désemplissant les boîtes.
- Hum, vendredi matin, je t’ai donné une liste d’épicerie à faire, la feuille était sur le comptoir.
- Non, tu ne me l’as pas dit, alors je pensais que c’était toi qui devais y aller! répond-elle, assurée.
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- Oh, là, là, euh............il y a encore un problème..............à cause de moi ! s’excuse-t-elle, très déçue. Qu’est-ce qu’on va faire? La première épicerie est à deux heures de voiture.
- Bof, on va manger des barres tendres que je garde toujours dans le camion, en cas de fringale, sourit-il patiemment. Comme convenu, malheureusement, je ne pourrai pas te faire goûter ma cuisine, mais bon, une bonne nuit de sommeil et ça va aller.

Sauf, qu’une bonne nuit de sommeil, c’est hélas trop demander, car un taon est entré dans la tente par on ne sait par quel orifice. Alors, le tue-mouches, les tapes sur la toile, de multiples coups de serviette, pour choisir, en dernier recours, le pesticide qui agit comme les serpentins et les oblige à tousser et à sortir de la tente. Et en sortant qui sont entrés? Les «bibites», bien sûr, et pas qu’un peu. En fin de compte, ils se sont endormis comme une masse, à bout de tout.

- Jason, Jason, il y a quelqu’un dehors qui a toussé! chuchote-t-elle, apeurée, en roulant par-dessus lui pour s’en faire un genre de paravent.
- Tu as peut-être rêvé, rendors-toi, grogne-t-il.
- Je te dis que non, écoute!

Et oui, il entend le toussotement insistant, se lève et dézippe l’ouverture de la tente. Puis, il se redresse.

- Euh, avez-vous un problème?
- En effet! Je sais qu’il est très tard, mais mon épouse et moi, venons d’arriver, on s’est égarés plusieurs fois et là, en plus, je crois qu’il y a eu une erreur dans les locations pour cette fin de semaine, explique-t-il en lui montrant la preuve.
- Je ne comprends pas, j’ai la facture moi aussi et le lot que vous pointez est le nôtre. Hum, attendez, je vais aller la chercher, ajoute-t-il en dézippant l’entrée.
- Quel est ce grossier personnage qui vient nous réveiller en pleine nuit? chuchote Roxanne, assez fort pour que l’intrus l’entende parfaitement.
- Chuuuuuuuuuuuuuuu! dit-il en fouillant dans ses poches de jeans pour apporter ladite facture.

Et amèrement, il songe en sortant que c’est impossible d’être crédible, en étant à quatre pattes devant un antagoniste qui lui, est debout. Il lui tend leur inscription, malencontreusement il y a une irrégularité : ils ont le même numéro de terrain.

- Ouais, bon, il faut trouver un compromis, dit l’inconnu. Nous aussi, avons payé le prix maximum pour une vue sur le lac, mais notre tente est trop grosse pour camper à côté de la vôtre. J’exige que nous allions au bureau régler ce problème d’incompétence, tout de suite.
- Là, là? réagit Jason, encore ensommeillé.
- Oui, là, là. Ma femme et moi sommes brûlés par le voyage et on ne rêve que d’une chose, monter la tente et enfin dormir, dormir, dormir.

Hélas, Jason a eu beau plaider en paradant en boxer pour arranger le litige, il a perdu sa cause. Il a donc suivi l’étranger qui ne s’est pas gêné de secouer le propriétaire endormi dans sa chaise et le réveiller en sursaut. De ce fait, le proprio ayant les idées et solutions aussi engourdies que lui-même, alors il n’a eu qu’un choix, tirer à pile ou face, urgence oblige. Jason a perdu. Frustré, il a réveillé Roxanne,  ils ont plié bagage et ont quitté le camping...

- Écoute, ma belle, tout n’est pas de ta faute, avoue-t- il sur le chemin du retour. Avec l’expérience que j’ai, j’aurais dû penser que c’était le pire mois pour les moustiques qui ont pas mal gâché l’aventure. Et que dire de ma communication...!

Aussi, par la suite, d’un commun accord, ils ont mis fin à cette activité. Et quand Jason a un regret, il regarde le front de sa douce déparé d’une cicatrice, sûrement la piqûre d’un moustique inconnu. Mais surtout, il pense à ce qu’elle lui a confié, une semaine plus tard: «Tu sais, Jason, à l’initiation au camping, il y a juste deux choses que j’ai aimées, ta gentillesse et ton amour.»

*   Tous droits réservés, Raymonde 

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Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  1 commentaires


Bravo encore une fois! Ça promet pour la suite...
Michelle Posté le 21/04/2018 13:20:27



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