Rayenchante
Un petit quelque chose de bienfaisant...
Cliquez le titre! (NOUVEAU)

Joyeux Noël, Aurélien! (Pour la vraie mise en page, cliquez le titre!)

02/01/2015 22:13:05

- "Sainnnnnte nuit, dououououce nuit, dannnnnnns le ciel, l'astre luit, dans les champs tout repoooose en paix".....chante Grégory Charles, à la radio extérieure de St-Émoi-des-humains.

- Arggggggggggggg! Je hais ces chants, songe Aurélien en entrant dans la bibliothèque municipale.

A
ujourd'hui, comme à l'habitude, il traînasse d'un endroit à l'autre, presque en bâillant, tant il est désabusé. Il erre la plupart du temps comme une âme en peine. Quel triste parcours! Il a horreur de décembre, parce que c'est durant ce mois que ses parents ont déménagé en France, il y a maintenant 3 ans. Et comme la famille vit en harmonie, le sédentaire Aurélien, enraciné à St-Émoi-des-humains, s'ennuie de ses parents et souffre de ne pouvoir vivre dans la même ville qu'eux. Et même quand il va les visiter, il voudrait bien rester là-bas, mais il a le mal du pays. C'est un grand sentimental, ce mec de 37 ans, assez canon, mais qui s'enquiquine à périr dans l'existence. Et pourquoi? Il a tout pour lui: la beauté, la santé, l'intelligence, et l'argent. D'ailleurs, en 2012, son père lui a légué 1 million, mais ce magot, hélas, l'empêche d'être heureux, car il a opté pour la paresse. Effectivement, à quoi bon travailler puisqu'il n'aura plus jamais de soucis financier, et ce, jusqu'à la fin de ses jours!

- J'ai plein de fric, mais que peut la fortune pour m'ôter l'ennui que j'éprouve loin des miens? pense-t-il, impuissant, en déambulant entre les rayons.
- Bonjour, monsieur! le salue une des bibliothécaires.

Il hoche la tête en guise de réponse.

- Cette année, il faut absolument qu'il se passe un événement qui va chambarder ma vie! réfléchit-il en se dirigeant vers la section des romans.

Il flâne sans trop savoir ce qu'il veut, sort un bouquin, le replace, lit les titres au hasard, fouille par-ci par- là, quand soudain il aperçoit le livre "Madame Bovary" de Gustave Flaubert, livre dont il a entendu parler avec beaucoup d'éloges. Alors curieux, il le prend, le feuillette, quand tout à coup une carte d'abonnée tombe par terre. Il se penche et la ramasse.

- Tiens, tiens, tiens, et si j'essayais de retrouver cette femme! songe-t-il en lisant le nom. Ça pourrait me distraire. Et qu'est-ce que je risque, après tout, à part me désennuyer?
- Hum, est-ce que je peux vous aider? demande la nouvelle commis qui arrive derrière lui, toujours à la chasse aux beaux mecs.
- Euh, voilà, j'aimerais avoir les coordonnées de ma cousine, répond-il avec aplomb en lui présentant la carte et en fixant la jeune femme dans les yeux. C'est ma cousine préférée, on s'entend bien tous les 2, et j'aimerais la contacter.
- Mais bien sûr! acquiesce-t-elle, voulant absolument lui plaire. Vous savez, vous êtres mon premier client, et de plus, ce lundi est le jour un de mon travail.

Elle se dirige donc au comptoir en se dandinant vulgairement, et en tournant le tête pour lui faire un clin d'oeil. Puis, elle farfouille à l'ordinateur, trouve ce qu'elle cherche et transcrit sa requête sur un feuillet. Alors, inspirée, elle ajoute audacieusement sa propre adresse et son numéro de téléphone, et lui tend le papier. 

- Hum, merci, vous êtes un ange, ma chère! susurre-t-il, en pliant le billet sans le lire et en se dirigeant vers la sortie.
- Wow! Quel beau gars! médite-t-elle. Est-ce que tu sais, toi, que j'ai risqué d'avoir de gros problèmes en divulguant un secret professionnel?

Et elle le regarde marcher, ardemment intéressée par lui. 

- Vous êtes aussi fascinante qu'une étoile! ajoute-t-il en se retournant pour lui lancer une oeillade, avant de pousser la porte.
- Ça c'est sûr, murmure-t-elle en souriant, toute gonflée d'orgueil.

Et la soirée arrive.....................

- Drrrrrrrrrrrrrrrrrring! Allô? chantonne Rose, la joyeuse.
- Euh, bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je m'appelle Aurélien Dumoulin, puis-je parler à madame ou mademoiselle Rose, s'il vous plaît?
- Oui, c'est moi!......................Mademoiselle!
- Bien, voilà, j'ai trouvé votre carte d'abonnée dans un roman à la bibliothèque. Et j'ai pensé tout simplement vous la remettre en main propre.
- C'est tout à votre honneur, mais je ne comprends pas, je ne vous connais pas non plus, alors pourquoi vous ferais-je confiance?
- Mais parce que je suis une type bien, que c'est Noël bientôt, que ma famille me manque énormément dans le temps des fêtes, et aussi parce que j'ai le goût de rencontrer de nouvelles personnes.
- Hum................... vous me semblez................ correct! hésite-t-elle...............................................
- Allô? Allô? s'inquiète-t-il de son silence.
- Je suis toujours là. Euh, puisque vous m'êtes étranger, comment avez-vous eu mes coordonnées?
- Hum..............., j'ai soudoyé la demoiselle à la bibliothèque, je l'ai embêtée plusieurs heures avec mes farces soporifiques, jusqu'à ce qu'elle me supplie d'arrêter et qu'elle soit obligée de me les donner! rit-il de sa blague.
- Ah, ah, ah, vous êtes un petit comique, hein? constate Rose, encore plus confuse que tantôt.
- Oh............., pas toujours. En fait, je m'ennuie très souvent, avoue-t-il tristement, et surtout en décembre. Mais ceci étant dit, je ne veux pas vous importuner. Et là, je prends tout mon courage, euh.............. puis-je vous rencontrer pour vous remettre votre carte d'abonnement?
- Bon, je crois que vous êtes de bonne foi, mais je dois réfléchir à votre invitation. Et que ma réponse soit oui ou non, je vais vous téléphoner. Euh, en fait, j'ai l'afficheur. 
- Alors, d'accord, j'attends de vos nouvelles, ajoute-t-il, perplexe.
- Au revoir!
- À plus!

Quelques journées passent, et en fin de compte Rose se fie à son intuition... 

- Drrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrring!
- Allô?
- Puis-je parler à Aurélien Dumoulin?
- Euh, c'est moi, dit-il, très anxieux.
- Voici, j'ai pesé le pour et le contre et...................................... j'accepte de vous rencontrer!
- Oh, merci de me faire confiance! s'écrie-t-il, plus qu'enthousiaste.
- Que diriez-vous de demain à ce petit bar sympathique, "Aux 5 cloches de gui"? Est-ce que vous connaissez l'endroit?
- Et oui, j'y vais de temps à autre.
- En ce cas, à demain!
- Oui, à demain! sourit Aurélien.

Et après avoir raccroché, Rose se précipite dans sa chambre.

- Hum, qu'est-ce que je pourrais bien mettre pour ce rendez-vous, non, pour cette rencontre? se demande-t-elle, très nerveuse.

Elle cherche fébrilement dans sa garde-robe et somme toute, décide d'étrenner une magnifique robe noire, courte, cintrée à la taille et évasée. Les manches longues, collées à la peau, lui donnent une allure à la fois sexy et sage.

- Après tout, j'ai acheté ce vêtement pour le temps des fêtes, non, c'est le moment ou jamais de le porter.

Et le jour attendu arrive. Elle se maquille légèrement, comme toujours, et décide de se pointer la première, car cela lui donne un semblant de contrôle. Aussi, choisit-elle une table face à la porte et elle préfère l'attendre avant de commander. Mais plus le temps passe, plus elle devient mal à l'aise, et pour cause, car elle ignore de quoi il a l'air, et elle est très préoccupée.

- Ouais, s'il m'aperçoit et que je ne lui plais pas, pense-t-elle, va-t-il sortir sans demander son reste? Et s'il se sauve, je ne saurai jamais qui il est, ni si mon intuition était bonne.

Et de son côté, Aurélien constate que la rencontre est dans 20 minutes. Nerveux, lui aussi, il n'a aucune idée de l'apparence de cette femme et se demande comment ils vont se contacter, ayant oublié l'un comme l'autre de se donner des signes distinctifs. Il endosse un veston noir, par-dessus son col roulé bleu, pour aviver son regard d'océan, comme le dit si bien sa mère, puis enfile sa veste de cuir. Et enfin, il passe la main dans ses magnifiques cheveux noirs, bouclés, pour leur donner un effet décoiffé par le vent. Ainsi, il ressemble beaucoup à Hugh Grant, ce qui n'est pas rien.

- Bof, qui vivra, verra! se raisonne-t-il. Et ne dit-on pas que si ça doit être, ce sera?

Or, avant de partir, il voit le billet de la commis de bibliothèque sur la table et il le déchire, ne gardant que les coordonnées de Rose. Puis, pile à l'heure, agité, il entre "Aux 5 cloches de gui". Et malgré le fait qu'il y ait plusieurs femmes assises seules, instinctivement il se dirige vers elle, comme guidé par un radar. 

- Euh, vous êtes Rose? s'informe-t- il, en lui tendant la main, ahuri, sous le choc d'un coup de foudre.
- Enchantée! Aurélien? bafouille-t-elle en se levant précipitamment pour lui serrer la pince, ce qui fait tomber sa chaise.
- Lui-même! ajoute-t-il, tout sourire, en emprisonnant sa menotte.
- Oh, c'est gentil, merci! répond-elle, hors de propos, abasourdie de reconnaître cet homme, sans le connaître.

Et là, ils restent debout, en se tenant toujours, tous les 2 complètement cotonneux. Sur ce, le serveur arrive en toussotant.

- Euh, que puis-je vous servir?
- Hum, une coupe de vin blanc pour moi, récite-t-elle en ne quittant pas Aurélien des yeux.
- Et vous, monsieur?
- La même chose! répartit-il en la fixant de façon bébête.
- Vous savez, vous pouvez vous asseoir, leur indique l'employé qui en profite pour redresser le siège de Rose.

Ce qu'ils font, finalement, en se lâchant. Puis, sans s'en apercevoir, ils vont se tutoyer, parce qu'ils sentent que la magie de Noël leur accorde aujourd'hui quelque chose de merveilleux.

- Par où puis-je bien commencer? éclate-t-il de rire comme un idiot. D'abord, je trouve ton nom des plus jolis, mademoiselle Rose Lafleur.
- Merci, et c'est merveilleux, parce que c'est la première fois que l'on me nomme, sans esquisser un sourire moqueur. Et ce n'est pas peu dire, car j'ai 51 ans...
- Bien, j'en ai 37 et tu sais, pour moi, l'âge n'a jamais eu d'importance.
- Tu crois?
- Oui, je le crois! Je ressens beaucoup de connivence avec toi, de même qu'un attrait exceptionnel, très rare! Ça me plaît énormément parce que c'est ce que j'ai toujours désiré vivre.
- J'en suis fort contente, et comme je suis une femme moderne, je me sens à l'aise avec toi. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que l'on se rencontre, et si cela te va ainsi, pour moi, c'est parfait.
- J'en suis ravi! s'enthousiaste-t-il.
- Oh, s'il te plaît, je peux ravoir ma carte de bibliothèque, avant de l'oublier? lui demande-t-elle avec un clin d'oeil.
- Oui, désolé, s'exécute-t-il en la sortant de la poche de sa veste de cuir, qu'il se décide enfin à enlever.
- Je vais t'imiter et me dévêtir, euh, je veux dire enlever mon manteau, car à l'intérieur, tu sais, bref, tout le monde ôte un morceau, quand il fait chaud...
- En effet! Hum, je te trouve très belle, tu ressembles à Kate Winslet et quelle magnifique robe!
- Merci!
- Euh, j'aimerais beaucoup te connaître davantage, avoue-t-il, dans un état second. 
- C'est curieux j'allais te dire exactement ça!

Puis arrive le serveur qui vient déposer les consommations et Aurélien s'empresse de régler l'addition.

- Est-ce que je peux trinquer à nous? demande-t-il, rieur.
- Certainement! répond Rose, folle de bonheur, en levant son verre.

Et ils portent ce toast à plusieurs reprises, les yeux dans les yeux, tellement ils sont contents.

- Euh, je voudrais tant fêter Noël avec toi! Est-ce que tu as quelque chose de prévu, le 25?
- Oui, en ta compagnie, si tu acceptes de rencontrer ma famille.
- C'est sûr, et j'espérais de tout mon coeur que tu me le demandes, confie-t-il en s'emparant de sa main, ivre de joie et d'un peu de vin, tout de même. Désormais, le temps des fêtes sera magnifique pour moi, et j'en suis bien heureux!
- Alors, lui sourit-elle, joyeux Noël, Aurélien!

©   Tous droits réservés, Raymonde

*     Image prise sur le Web 

Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  0 commentaires





C'est bon pour le moral
La compagnie créole
compagnie_creole_c_est_bon_pour_le_moral
 
© 2011
Créer un site avec WebSelf