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Lettre de Clémence à Clovis

22/08/2011 23:37:56
Note: pour faciliter la lecture j’ai enlevé les guillemets pour les québécismes, les anglicismes, les mots inventés ou avec une élision.

Nous sommes en 1930. Clémence écrit à son mari Clovis parti bûcher pour l’hiver.

Cher ami,

J’dévisse l’bouchon d’l’encrier pour y plonger ma plume, histoire d’prendre de tes nouvelles, p’is de t’conter c’qui s’passe par icitte. Êtes-vous rendus ben loin du camp pour bûcher? C’t’année as-tu un beau lot d’bois, mieux qu’l’an passé quand t’ava’s rien qu’un paqu’at de gôlons. D’apras toé, as-tu des chances d’dépasser Bedaine Carignan avec tes trois cordes de bois par jour? J’cré qu’tu sera’s ben fier de t’ça, hein mon Clovis? P’is m’en t’dire itou, paie p’us l’cook pour fignoler tes lettres, parce que j’vois ben qu’c’est p’us toé qui m’écris.

Ben, à mon tour asteur. C’te s’maine j’ai donné la fessée à Paul-Émile avec ton p’tit rondin d’bouleau. J’l’ai surpris dans la grange avec Thérèse Tremblay, y jouaient à la cachette à c’qu’y m’ont dit. T’sais comme moé qu’avec les culottes baissées, on peut pas courir ben ben vite.

Avant-hier, Rose-Alma a attrapé des poux à l’école. Ça doit être à cause des nouveaux venus, au 3e rang, ceusse-là on sait pas d’o...Lire la suite
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Sophie à la plage

22/08/2011 23:35:24
- Mais qu’est-ce qui se passe? ronchonne Sophie en se relevant hâtivement, ce qui fait descendre le haut de son bikini blanc.

Gênée, elle l’agrippe juste à temps, car le vent subit et furieux la saupoudre généreusement de sable. Les mains plaquées sur sa poitrine, elle ne peut contrer une deuxième bourrasque qui renverse sa liqueur et comme un effet domino, entraîne avec lui sa crème solaire orange qui se répand sur son manuel. À peine agrafée, elle cherche nerveusement dans le fouillis de son sac, des lingettes pour nettoyer le dégât, fourrageant du bout des doigts comme si elle venait de se faire les ongles. Le vent en profite pour lui arracher sa barrette et ses longs cheveux placardés sur le visage la rendent semi- voyante. On dit qu’un malheur n’arrive jamais seul, mais alors celui-là est venu en équipe. En effet, son immense sac de plage, gonflé par les éléments déchaînés, se sauve et Sophie réussit tout juste à l’attraper, sauf qu’elle perd l’équilibre et tombe assis sur un vieux monsieur encore plus gluant qu’elle.

- Ho! La jeune, tu n’es pas gênée! aboie l’homme de sa voix chevrotante. Espèce de bécasse, je suis marié, moi! Non, mais vous avez vu ça? crie- t -il, en prenant les autres à témoin.
- Excusez-moi! Oh là, là! Oh là, là!! gémit-elle, mal à l’aise.

En se relevant vivement, elle en profite pour s’essuyer les mains sur la couverture du grognon. Tout le monde autour se rassoit pour les regarder...Lire la suite
Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  0 commentaires

Plus jamais! Plus jamais!

22/08/2011 23:33:28
Voici ce que décide la petite ville cette année: la Fête nationale doit atteindre l’apogée. Pour ce faire, on veut la présence de saint Jean-Baptiste, personnifié par un adulte de bonne volonté. Alors, Paul Ladouceur se propose pour jouer le rôle, lui qui a toujours rêvé de monter sur les planches. Et ce qui ne gâche rien, il sera le clou de la parade.

Or donc, on commence tout de go les recherches pour son costume. Hélas, le budget disponible n’habillerait même pas une Barbie, aussi doit-on quêter le strict nécessaire, c’est-à-dire une perruque, une barbe, une tunique et une paire de chaussures. Après plusieurs démarches infructueuses, on réussit enfin à dégoter des sandales hideuses, un vrai aimant à blagues. Les essayages font rigoler l’équipe qui clame que Jean-Baptiste a l’air de porter des raquettes et la pointure douze l’horripile, lui qui porte du huit. De plus, on se trompe d’époque en entortillant des courroies noires dans le bas de ses jambes, façon César. Voyant le saint découragé, ses copains le persuade qu’avec la verdure autour du char allégorique, les gens n’y verront que du feu. Et que dire de la perruque criante de vérité dans sa contrefaçon! Pour ce qui est de la barbe, elle lui mange la face, mais Paul est tellement honteux qu’il se réjouit d’être ainsi camouflé. Ma foi, on jurerait qu’on lui a noirci le visage au crayon feutre. Quant à la tunique, elle frôle ses genoux et le design s’acoquine à la mignonne petite fente sur sa cuisse gauche. Enf...Lire la suite
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Insomnie

22/08/2011 23:30:09
Dix heures passées,
Je m’en vais me coucher.
Une fois alitée,
Mes couvertures remontées
Je tapote mon oreiller.
Cibole! Ça commence à me piquer,
En dessous du pied.
Sous les couvertures j’ai plongé
Pour me gratter,
Puis je me suis recouchée.
Après, je m’ordonne de bien respirer
Quand une idée
Vient m’agacer,
Ai-je bien remonté
Mon réveil Mickey?
Dans l’obscurité,
J’ai tâté,
Palpé,
Fouillé
Pour le trouver,
Mais j’ai accroché
Mon verre d’eau qui s’est renversé.
Impatientée,
Je me suis redressée
Pour allumer ma lampe Mickey.
J’ai regardé
Le dégât étalé
Et une grimace je lui ai envoyée.
Le réveil doit être resté
Dans la chambre de Roger,
Cet homme, je vais l’assommer.
Je me suis relevée
Pour aller le chercher,
Pas Roger,
Le réveil Mickey
Et dans l’eau j’ai glissé.
J’ai bien failli m’estropier,
Car je suis tombée
Les jambes écartelées.
Un juron j’ai lâché,
Mes pantoufles j’ai agrippées
Pour m’essuyer
Et aussi éponger
Le plancher.
Puis, je me suis encore relevée
Et j’ai marché
Les jambes arquées,
Comme une parenthèse fermée.
Aïe! C’est une atrocité,
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Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  0 commentaires

Danse sur un pied

22/08/2011 23:26:49
Sur mon pied,
Perché,
Mon fiancé
S’est dandiné
Toute la soirée
Sans se soucier
D’arrêter
De me l’écraser.
Il me criait
D’une voix d’agnelet:
"Si tu voulais
On se marierait!"
Répondre, je ne le pouvais
Tant je m’essoufflais,
Parce qu’il me déménageait
Aux quatre coins du parquet.
Hélas, mes orteils
Ripostaient à vue d’oeil
Par une enflure
Qui coinçait ma chaussure.
Les yeux exorbités,
La mâchoire crispée
Et le sourire figé,
J’étais presque pliée,
Mais la bienséance
Me dictait le silence
Car cette chance
Devenait ma survivance.
Je pensais sans bon sens
Si tu veux cette alliance,
Endure que ça élance
Et attends la fin de la danse!
La sueur au visage,
Les aisselles en nage,
Je sentais la rage
Qui décuplait mon âge.
Mon pied gonflé
Était étranglé
Dans mon soulier
Qui me faisait boiter.
J’étais éreintée
Presque enragée
Car la polka endiablée
Durait une éternité.
Et mon partenaire,
Sur mon pied comme un locataire,
Sautait de façon cavalière
Et je souffrais le calvaire.
Je fermais les paupières
Pour adoucir cette misère
Mais mes idées meurtrières
Raidissaient mes manières.
Absalon,
De tout son long,
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Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  0 commentaires
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