Rayenchante
Un petit quelque chose de bienfaisant, j'espère...
 

Oscar et Bertha, amoureux à Noël? (Cliquez le titre!)

05/12/2019 19:47:50
Nous sommes en décembre 1950. 

Mesurant près de 6 pieds, Oscar, 23 ans, paré de cheveux abondants, bouclés, cependant toujours décoiffés. Mais cela n’enlève rien à son charme et son visage doté d’un nez droit au-dessus d’une bouche charnue et bien dessinée, le rend très attirant. Et de ce fait, la gent féminine imagine des prétextes, plutôt insignifiants, pour se faire servir par ce beau mec, au magasin de grande surface, «On a de tout ici». Et lui, Oscar, timide, n’y voit que dalle, car il n’a de yeux que pour la belle Bertha, la fille du propriétaire. Qui sait? Serait-il un opportuniste? 

- Bonjour, mademoiselle Bertha, vous allez bien? chantonne-t-il, en la regardant, énamouré, ce qui lui fait échapper sa caisse de chandails. 
- Oh oui, répond-elle, rougissante, car elle en pince pour lui depuis les 3 ans qu’il travaille pour elle, étant sociétaire, à parts égales, avec son père.

Et quand il contemple Bertha, Oscar, trouve qu’elle n’a d’ordinaire que son prénom. Âgée de 25 printemps, sa magnifique peau satinée rivalise de beauté avec la blondeur de sa chevelure et de ses magnifiques grands yeux bleus, comme l’océan. Il se répète souvent qu’elle ressemble à un mannequin, et il s’aperçoit bien que tous les mâles la reluquent.  

- Pardon, gentil monsieur! demande un jolie brunette, souriante, ce qui le sort de sa rêverie, est-ce que ce grille-pain est garanti? C’est pour le cadeau de Noël de ma mère.
- Euh........hésite-t-il, en s’emparant nerveusement de la boîte, ce que d’ailleurs, la cliente aurait pu facilement faire. Euh.....oui, ici, je lis qu’il est garanti.  
- Hum, pour combien de temps? ajoute-t-elle avec une moue charmante, tout en l’approchant, façon très intime. 
- 2 ans, répond Oscar en reculant.
- Oh, merci innnnnnnnnnnnnfiniment! s’exclame-t-elle, comme s’il venait de lui promettre une bague. 

Et lui, n’entend rien, car il a déguerpi pour aller servir un autre acheteur. 

- Est-ce que je peux vous aider, lui demande Oscar? 
- Certainement, répond courtoisement un trentenaire, richement vêtu et de bien belle apparence. J’aimerais rencontrer la propriétaire de ce magasin.
- Euh.....Puis-je savoir la raison, vous comprendrez que c’est une femme fort occupée.
- Disons que c’est strictement personnel, mais je me présente tout de même, Ricardo Blondo, je suis entrepreneur. Et vous savez, je suis persuadé que ma proposition peut fort bien l’intéresser.
- Bon, dans ce cas, je vais voir ce que je peux faire. En attendant, profitez-en pour surveiller nos étiquettes rouges, nous sommes en grande période de ventes, pour les fêtes, suggère Oscar en le quittant. 
- Ricardo, marmonne-t-il, perplexe, en se dirigeant vers le bureau. Il me semble que son nom et son visage me rappellent quelqu’un...Ouais, mais s’il commence à fréquenter «On a de tout ici», je pense qu’il peut me faire une forte compétition pour séduire Bertha qui me plaît infiniment. 

Sur ce, il frappe doucement à sa porte et toussote, suant à grosses gouttes, tant sa rencontre avec elle, le stresse. Eh oui, Oscar aime sa patronne dans un grand silence, depuis 3 ans.   

- Entrez! Oh, bonjour! Eh bien, mon bon ami, que puis-je pour vous?
- Heu...........que voulez-vous dire?
- Hum, est-ce que je me trompe ou vous avez affaire à moi? 
- Euh..............ouuuuuuuui, euh.............il y a un homme, ici, du nom de Ricardo Blondo et il aimerait vous rencontrer.
- Ricardo? sourit-elle, très contente, et bien, allez lui dire que je l’attend, impatiemment.

Et lui, bouleversé, lambine en s’en allant prévenir l’entrepreneur, et il est convaincu qu’il a perdu sa chance et que ce Ricardo, c’est Bertha qu’il va entreprendre...à suivre...

- Euh.............monsieur Blondo, j’ai prévenu mademoiselle........... Bertha............ et elle est ..............disponible. Euh............son bureau............est tout droit, la 1re porte à gauche.
- Merci bien et vous êtes monsieur? demande Ricardo, en s’en allant.
- Oscar, Oscar, à votre service, répond-il, en rougissant. 
- Non, non, non, salut vieille branche! s’exclame-t-il, en revenant sur ses pas. Tu me reconnais, hein? 
- Là, oui, il me semblait aussi que ton nom et ton visage m’étaient familiers. 
- Et moi, comment ai-je pu oublier ta beauté sublime, mec? Tu étais le Marlon Brando de toute la ville et je n’avais aucune chance quand tu étais dans les parages. Hum, entre nous, est-ce que tu es marié? 
- Euh...........c’est compliqué, je suis fort timide.
- Ah, bon. Il faut que l’on se revoit, es-tu d’accord? Je ne veux pas faire attendre ma cousine, je m’en vais de ce pas, mais après mon entrevue, on échangera nos coordonnées. 
- Certainement! jubile Oscar, tellement heureux d’apprendre ce lien de parenté. 
- Ouais, marmonne Ricardo, en se dirigeant vers le bureau. Tout à l’heure, j’ai remarqué qu’il reluquait beaucoup Bertha. Je suis persuadé qu’il a des sentiments pour elle. Hum, hum, après ma proposition pour le magasin, je vais lui en parler. Puis, il cogne légèrement à la porte.
- Entrez! chantonne la copropriétaire, heureuse de revoir Dodo, comme elle l’a toujours  surnommé, affectueusement. 

Elle se lève et lui fait la bise.

- Assieds-toi, Ricardo, bienvenue! Ouais, il y a un bon moment que je ne t’ai pas vu. Et maintenant, pour cette visite, quel est ton projet?
- Hey, comment le sais-tu?
- Si tu te rappelles, on a grandi ensemble, dit-elle, en s’assoyant, je te connais très bien et tu vogues constamment d’une réalisation à l’autre. Alors...?
- Et bien, que dirais-tu d’un agrandissement? Il pourrait y avoir un 2e étage, et à mon souvenir, la structure de la bâtisse est conçue pour ça, ton paternel l’avait prévu. 
- Hum.....réfléchit-elle, sérieusement. Je dois d’abord en parler à mon père, pour savoir s’il juge que c’est le moment opportun. 
- D’après moi......... 
- Dringggggggggggggggggg! Excuse-moi! Allô?...... Quoi, quoi, où es-tu?...... Hein? Et comment c’est arrivé?......Maman est avec toi?..........Tu ne veux pas que je vienne? D’accord, bon, je garde le magasin ouvert, dit-elle, énervée, avant de raccrocher.
- Il y a un pépin? demande Ricardo, inquiet?
- Mon père a fait une chute et il s’est fracturé le pied. Et tel que je le connais, il n’entreprendra aucun planning tant qu’il ne sera pas remis sur pied et c’est le cas de le dire. Alors, mon cher cousin, tu as ta réponse.
- Hum, semble-t-il, qu’il n’y a rien qui arrive pour rien. Euh, j’ai quelque chose à te demander, mais c’est un peu délicat.
- Ah, bon, tu m’intrigues, allez, vite j’ai hâte de savoir!
- Ton commis de plancher, Oscar, que penses-tu de lui?     
- Bien, c’est un très bon employé, avoue-t-elle, en rougissant, la voix chevrotante. Et elle se lève et arpente son bureau. Il est ponctuel, débrouillard, créatif, loyal, très honnête et brillant. De plus, il est assez bel homme, ce qui nous attire une grande clientèle féminine. Aussi, pour toutes ces raisons, j’aimerais le garder longtemps, et tu sais, un chic type comme lui, ça ne court pas les rues. 
-  Mouais, tu aimerais le garder longtemps? sourit-il, il n’y a pas autre chose? 
- Voyons, qu’est-ce que tu veux dire, là?
-  Bon, moi aussi, je te connais bien, Bertha, et tu es devenue très émue en parlant de lui.  D’ailleurs, tantôt, quand il t’a saluée, il était tellement attendri qu’il en a échappé sa caisse. Et crois-moi, je sais reconnaître un homme en amour, car je le connais, on a étudié ensemble...
- Qu’est-ce que tu me chantes-là? rétorque-t-elle, déstabilisée. Mais revenons à notre affaire. J’aurais remarqué s’il avait éprouvé quelque chose pour moi.
- Oh, non, il n’y a pas pire aveugle que la personne impliquée! Et là-dessus, je dois partir, j’ai un autre rendez-vous, alors porte-toi bien, Bertha, lui souhaite-t-il, en la quittant.
- Au revoir, cousin!

Et par interphone, pour en avoir le coeur net, elle demande à Oscar de la rejoindre. Or lui, n’en peut plus et en entrant dans son bureau, il décide de lui avouer son amour.

- Euh........vous savez, Bertha, vous êtes une femme et…
- Vous êtes un homme, c’est ça? l’encourage-t-elle, en souriant.
- Euh…
- Heu....reux? Vous voulez dire?
- Hum..............ce n’est pas tout à fait ça, mais........en tant qu’homme, je pourrais l’être plus.
- Être plus homme? Voyons, Oscar, qu’essayez-vous de me dire?
- Je pourrais être............. plus heureux, si vous vouliez…
- Si vous vouliez? l’aide-t-elle. 
- Eh bien......eh bien…, hésite-t-il, en se dandinant, eh bien, veux-tu l’épouser? 

Enfin, il l’a mal dit, il l’a dit un peu de travers, mais il l’a dit!

- Oui, Oscar; je le veux! répond-elle, en s’approchant, folle de bonheur. 
- Puis-je vous baiser.................les phalanges?
- Les phalanges? Voyons, Oscar, soyez sérieux! On est dans les années cinquante.
- Je vous demande pardon!…
- Mais non, je veux dire, osez plus que les phalanges et moi, je serai aux anges, rit-elle, nerveuse.
Inquiet, tremblotant, Oscar s’avance, comme s’il marchait écrasé d’arthrite. Il s’incline pour lui baiser la joue, alors Bertha en profite pour lui agripper solidement la nuque et l’embrasser à bouche que veux-tu. Et le baiser les enchante tant et si bien, qu’après des dizaines et des dizaines de fois, la date du mariage fut fixée, tout près de Noël.

Aussi, après les épousailles, le père et sa fille ont voté pour que son cher Oscar devienne le 3e sociétaire minoritaire de «On a de tout ici». 

- Tu sais, tout comme au cinéma, tu es ma «B.B.», pour «Belle Bertha», déclare son mari, très ému. 
- Et toi, tu es mon prix, mon Oscar...

Et maintenant, on a la réponse: Oscar et Bertha, amoureux pour Noël? 

©  Tous droits réservés, Raymonde

*    Image prise sur le Web
Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  2 commentaires


Bravo Ray ,imagination débordante belle histoire . Joyeux Nöel  du bon temps
Bellerive Posté le 24/12/2019 16:16:15
Wow! J’ai hâte de lire la suite.  Bravo Raymonde! Quelle belle plume!
Hélène Normandin Posté le 06/12/2019 11:57:22



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