Rayenchante
Un petit quelque chose de bienfaisant, j'espère...
 

Une grande décision (Pour la vraie mise en page, cliquez le titre!)

09/03/2018 15:46:09

Note de l’auteure : Cette histoire est vraie. Seuls quelques détails précis ont été changés, de même que les prénoms...

Marguerite aime Jean et Jean aime Marguerite. Et il n’a vraiment pas eu besoin de l’effeuiller pour s’en apercevoir, je parle de la fleur bien entendu. Maintenant tous les deux dans la soixantaine, ils se fréquentent depuis plusieurs années, et là, ils ont une importante décision à prendre. Mais il est nécessaire, ici, de spécifier que l’initiative vient plutôt de Jean.

- Écoute Marguerite, je t’aime plus que tout, avoue-t-il passionnément et je veux partager ma vie au grand complet avec toi et seulement toi. Tu le sais, j’aimerais beaucoup que tu déménages chez moi. Et ça me fait quelque chose que ma demande t’agace un peu, il me semble qu’à notre âge, il n’y a plus de temps à perdre!

- Hum, soupire-t-elle. Je ne crois pas que l’on perde du temps à vivre chacun chez soi, Jean, ça fonctionne numéro un, et je te l’ai déjà fait remarquer, je vis très bien en solo depuis près de 10 ans. Il m’a fallu beaucoup de courage et ça a été très long pour parvenir à apprivoiser la solitude pour créer mon confort et ma sécurité. Dans mon appartement, je me sens libre, joyeuse et en plus je suis amoureuse de toi, le plus gentil mec qui existe. De cette façon, j’ai le meilleur des deux mondes, alors, aller vivre ailleurs ne me correspond pas du tout..
- Ce qui me dérange, c’est que tu n’as pas essayé avec moi! s’exclame-t-il, très déçu.
- Tu connais mon passé, j’ai déjà vécu en couple, alors je peux dire que ma décision est prise en toute connaissance de cause.
- Ouais, mais par contre, tu oublies que je suis différent de tes ex. Moi, j’aime vivre et laisser vivre, contrairement à ce que tu as connu. Et ça serait bien si tu me laissais une chance, je dirais même, si tu nous laissais une chance, insiste-t-il gentiment en s’approchant d’elle pour la prendre dans ses bras....................Et tout à coup que tu y prends goût de vivre avec moi, hein?
- Oh, toi, toi, Jean, Jean, tu es tellement doux et attentionné! Donne-moi encore du temps pour évaluer ma situation.
- Comme ça, ce n’est pas un non définitif? se réjouit-il.
- Ne va pas plus vite que moi, s’il te plaît! J’ignore encore ce que je vais décider...

Quelques semaines plus tard, Jean perçoit chez Marguerite, un comportement différent...

- Dors-tu, ma douce? lui chuchote-t-il à l’oreille.
- Non et toi? demande-t-elle en riant et en le chatouillant.
- Depuis plusieurs jours, je trouve qu’il y a un je-ne-sais-quoi de changé, est-ce que j’ai raison?
- Oui, tu as raison et j’ai décidé de...................................
- Allez, dis, dis! rigole-t-il en la chatouillant à son tour.
- Bien, ..................................je vais...................................... déménager chez toi! lance-t-elle en le regardant dans les yeux, amoureusement.
- Oh, ma tendre, ma douce, mon amour! murmure-t-il avant de l’embrasser passionnément.

Mais, hélas, au jour J, le déménagement fut à la limite du désastre. D’abord la pluie et le vent rivalisaient de force et l’amoureuse était d’une nervosité sans nom. Tellement que ça a dégénéré en une grande incertitude qui s’est nichée dans son coeur, pour finalement prendre toute la place. Et de plus, un employé de la compagnie de déménagement a accidentellement échappé la caisse contenant le set de vaisselle de sa grand-mère, presque un trésor national pour Marguerite qui a éclaté alors en sanglots. Et pour elle, ce chagrin n’augurait rien de bon. Et Jean, pris au dépourvu en la voyant, est accouru et l’a pris dans ses bras en la berçant...

- Oh, chérie, je sais que tu tenais beaucoup à ce souvenir et qu’il est irremplaçable. Mais, avec les assurances, que dirais-tu que l’on cherche chez des antiquaires pour en acquérir un semblable? Ça ne le remplacera pas, il ne sera pas pareil, mais ça pourrait être une activité intéressante et qui sait, il y aura peut-être un autre trésor qui nous attend, à part toi, bien sûr, ma douce.................

Marguerite, silencieuse, l’esprit ailleurs, évite son regard, et Jean devient tout à coup alarmé parce qu’il la sent si loin, si loin de lui...à suivre...Là, tout de suite, il craint qu’elle change d’avis pour tout abandonner et s’en retourner à sa solitude. Et il n’est pas sans savoir qu’elle a sous-loué son appartement au lieu de résilier son bail, et cela le préoccupe. D’ailleurs, pourquoi? Comme si elle se gardait une échappatoire...

- Heu, qu’est-ce que tu as? demande Marguerite, en s’essuyant les yeux, tout en constatant l’inquiétude de son amant.
- C’est plate à dire, mais j’ai peur que tu renonces à notre projet de cohabitation, répond-il, confus.
- Ben voyons Jean, tu me connais, je vais toujours au bout de mes décisions et tel que convenu on s’installe ensemble.

Alors, soudain, comme quand le soleil sort des nuages, il lui sourit, la prend par la taille en la soulevant et la fait tourner en riant, heureux comme c’est pas possible.

- Tu vas voir, nous allons vivre en harmonie, je te le promets!

Finalement, le déménagement s’achève couci - couça. Et pour tous les deux, secoués par les émotions, alors maintenant, voir l’océan de caisses à ranger décourageraient le plus optimiste des humains, mais pas Jean. Il se frotte les mains de contentement.

- Allons bon, que penses-tu si on soupait tout de suite et après, juste défaire quelques boîtes de première nécessité?
- Euh..................oui, bonne suggestion! hésite-t-elle, soulagée et en même temps déstabilisée, pace que c’est nouveau, et parce qu’elle est habituée de prendre ses décisions toute seule.

Toujours habitée par le doute, elle espère être capable de s’adapter à ce genre de vie tellement différent. En fin de compte, il a fallu une semaine pour boucler son installation chez lui. Et les jours filèrent, firent des semaines et des mois, près de six, en fait.

- Jean! Jean! Où es-tu? l’appelle-t-elle nerveusement.
- Je suis dans le jardin, ma douce! As-tu besoin de quelque chose?
- Bon, quand tu auras terminé, j’ai besoin de te parler.
- D’accord! J’ai fini, j’arrive. Je gage que tu t’ennuyais de ton amour, c’est-à-dire, moi, rit-il en entrant et en la câlinant.
- Euh, ouuuuuuuuuuuuuui, mais c’est pour autre chose, viens t’asseoir! Bien, est-ce que ça serait possible d’établir quelques règles pour nous faciliter la vie?
- Hum, comme quoi, par exemple?
- Le matin, mes rôties, je préfère qu’elles soient dorées, pas foncées ou noires.
- Ouais, j’en prends bonne note!
- J’aimerais aussi, que ce soit chacun notre tour pour la corvée de vaisselle!
- Oui, c’est bon, ça.
- Heu, il y a eu un gros problème. La dernière brassée dont tu t’es chargée et bien mes vêtements sont ressortis complètement roses, un chandail rouge était mêlé avec le blanc, scande-t-elle, très désappointée. En fait, c’est bon pour la poubelle et en plus je dois me taper tout un magasinage.
- Je suis tellement désolé, Marguerite, si tu veux je t’accompagne, et tu me refiles la facture!
- D’accord, mais ce n’est pas tout. Quant à mon linge foncé, il était rempli de peluches parce qu’il y avait deux débarbouillettes dans la lessive, râle-t-elle, le visage rouge.
- Ouais, ajoute-t-il, tristement, en se passant la main dans les cheveux.
- Tu sais, si de ton côté tu trouves quelques chose que je peux améliorer, je t’écoute. 
- Hum, c’est difficile. Euh, je déteste quand tu me demandes de ramasser mes vêtements parce que je me sens comme un petit garçon. J’ai toujours été désordonné et je ne crois pas, à soixante ans, parvenir à changer ça.
- Hélas, moi je trouve ça très contrariant de voir l’appartement sens dessus dessous, avec tout ce qui traîne : tes bas, tes slips, tes t-shirts, et souvent je dérape à cause de tes souliers dispersés n’importe où. Je t’avoue que le désordre m’horripile. Et s’il fallait qu’il arrive des visiteurs, y as-tu pensé?
- Il n’y a pas de drame, là, et je m’en moque.
- Mais pas moi! Est-ce que tu peux faire attention?
- Je ne promets rien.
- Justement, parlant de promesse, quand on déménageait tu m’as dit :« Nous allons vivre en harmonie, je te le promets!» Et bien, ce n’est pas le cas, je me sens mal et malheureuse, ici, je ne m’y fais pas, mais je t’aime toujours.
- Je me rends bien compte depuis quelques temps que tu sembles préoccupée, tu dors agitée, tu as moins d’appétit pour les repas et aussi pour moi. Dis, est-ce que je t’attire encore?
- Oui, oui, comment peux-tu en douter, je viens de dire que je t’aime, mon trésor!
- J’ai beaucoup réfléchi et je pense que j’ai une responsabilité dans cette situation. J’ai vraiment trop insisté pour que tu déménages chez moi et ça c’est égoïste, c’est un manque de respect, excuse-moi, s’il te plaît! la supplie-t-il.
- Je t’excuse, trésor, mais là, que proposes-tu?

Alors, il la prend dans ses bras et lui chuchote un bien beau secret, parce qu’il l’aime vraiment. Et deux semaines plus tard, Marguerite est déménagée chez elle. Elle s’est aimée assez pour se choisir en premier et prendre soin de sa paix intérieure. Et Jean est toujours amoureux fou de sa petite fleur.

On peut dire que ça aussi c’était une grande décision...

*   Tous droits réservés, Raymonde 

*   Image prise sur le Web  

Publié par Ray •   Ajouter un commentaire  2 commentaires


J’adore ta fin!  Je ne pensais pas que tu irais dans ce sens la grande romantique...  je sais, c’est une histoire vraie!
Michelle Posté le 31/03/2018 01:16:18
WOW! Vraiment différent et tellement rafraîchissant , on dirait même que tu l'inventes au fur et à mesure. J'ai bien hâte de connaître la suite...
Michelle Posté le 22/03/2018 02:46:34



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